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Nouvelle Aquitaine

Bordeaux

Imaginons des processus d’innovation qui permettent de réduire les inégalités d’accès aux soins

Ce groupe de réflexion s’est tenu le 7 octobre 2016 à Bordeaux.
7000016127 – 01/2017

Les participants

  • Dr Marion Albouy Llaty, CHU de Poitiers
  • Maryne Cotty Eslous, Lucine
  • Véronique Debande, Association Proxisanté
  • Hervé Dufau, Cluster TIC Santé aquitain
  • Luc Durand, CHU de Bordeaux
  • Dr Jacques Faucher, Espace bioéthique aquitain
  • Amandine Gailly, Ociane
  • Erika Jouhet, Conseil régional Nouvelle Aquitaine
  • Carine Kudela, Association française des diabétiques du Lot-et-Garonne
  • Laurent Lhopitallier, Sanofi
  • Charlotte Malchère, Directeur Accès pour le Patient, Sanofi
  • Pr Patrick Mercie, CHU de Bordeaux
  • Christine Stutzmann, Angle 9
  • Cyril Vincent, Sanofi

 

LES PROPOSITIONS APPROFONDIES

Le groupe de réflexion a approfondi 3 idées :

-Créer des unités mobiles de soins pour aller à la rencontre des patients isolés

Objectif : rendre accessibles les solutions de soins et de prévention aux usagers isolés géographiquement ou socialement grâce à des d’équipes de soins mobiles.

Cette proposition développerait la santé collaborative en associant les acteurs du sanitaire, du médico-social ainsi que les collectivités locales.

Son statut événementiel permettrait également d’animer la vie locale – notamment dans les déserts médicaux – en créant une dynamique positive : réduction de l’isolement, encouragement au dépistage, mais aussi création de nouvelles vocations pour les métiers de santé, création d’emplois, etc.

Deux points seraient à prendre en compte pour une mise en œuvre réussie :  veiller à communiquer efficacement vers le public cible et créer l’adhésion forte des villes hôtes. Un frein possible néanmoins : le financement.

-Proposer un cursus santé dans les écoles

Objectif : créer un dispositif de formation santé à l’école pour développer la citoyenneté en santé dès le plus jeune âge.

À l’instar de la prévention routière et du parcours piéton, ce petit cursus santé permettrait de développer les compétences psychosociales des enfants sur le thème de la santé.

Plus largement, en intégrant ce thème à l’école et en valorisant la créativité de l’enfant dans son appropriation de la thématique, cela permettrait de toucher également l’environnement des écoliers (frères et sœurs, parents, grands-parents, amis…), créant ainsi une culture intergénérationnelle partagée et durable de la santé.

Incluse dans le parcours éducatif, cette démarche aurait par ailleurs l’avantage de réduire les coûts de prévention

À terme, cela permettrait de rééquilibrer la relation entre professionnels de santé et patients grâce au niveau de connaissance des patients qui évolue.

Point de vigilance : cette initiative, qui favorise l’autonomie et le pouvoir d’agir sur la santé individuelle et collective, ne pourrait se mettre en place sans une implication active et une adhésion des politiques et de l’éducation nationale.

-Orienter le cursus des professionnels de santé vers le patient

Objectif : modifier les référentiels de formations sanitaires et médico-sociales pour y intégrer les sciences humaines de manière plus importante.

Il s’agit de prendre en compte de manière globale la personne – et non pas simplement le patient –, en y intégrant une analyse plus importante de son environnement.

Pour les accompagner dans cette démarche, il est nécessaire de modifier les référentiels de formations sanitaires et médico-sociales pour y intégrer les sciences humaines de manière plus importante et de faire intervenir directement des patients dès la formation initiale (et notamment dès la première année commune aux étudiants de santé – PACES). Un effort qui devrait également se poursuivre en formation continue.

Cette initiative permettra de développer une aptitude à la vulgarisation et une meilleure diffusion des informations de base (vers les patients et autres professionnels — sur le modèle du « health literacy » au Canada).

Elle permettra également de mieux comprendre la singularité de chaque personne pour mieux accompagner les patients, en particulier ceux qui sont les plus éloignés voire exclus du système de santé (isolement géographique, social, environnemental…)

 

D’AUTRES PROPOSITIONS

Le groupe de réflexion a également retenu d’autres propositions non développées.

  • Revoir la communication : garantir la compréhension des messages par la vulgarisation et la reformulation
  • Développer d’autres supports que l’écrit (s’adapter aux usages et à la consommation médiatique actuelle)
  • Développer la télémédecine : pour pallier à la désertification des territoires, améliorer la qualité des soins et favoriser l’égalité des soins.
  • Développer de nouveaux outils de prévention en santé, notamment itinérants pour aller au contact du patient et favoriser ainsi l’égalité de l’accès aux soins.
  • « La maison de la santé » : utiliser un lieu public du quotidien pour en faire un lieu de santé de proximité
  • Médecine / prévention à distance via les nouvelles technologies pour permettre de dégager du temps des professionnels de santé pour s’occuper du développement de l’écoute. Avoir un avis rapide, rassurer les citoyens, soigner à distance. Moyens de développer réseau, collaboration, coopération, solidarité…

 

POUR ALLER PLUS LOIN

Lors du groupe de réflexion, les participants ont également formulé d’autres pistes de travail possibles.

Rendre le patient acteur de sa santé

  • Intégrer les facteurs sociaux et environnementaux dans le bilan de santé
  • S’appuyer sur une équipe pluridisciplinaire
  • Créer un outil numérique qui permet de régler des problèmes du quotidien / Impliquer le médecin généraliste et les soignants de proximité en amont du processus d’innovation (centre-ville, aidants)
  • Enquête de santé publique – Etat de santé de la population besoins prioritaires
  • Réaliser des focus group dans les salles à manger, à la maison
  • Études d’usage en amont
  • Faire un « deal » avec le patient sur sa prise en charge (afin qu’il soit acteur)
  • Faire des études d’impact sur la qualité de vie
  • Créer un questionnaire sur l’environnement du patient (situation sociale, cadre de vie…)
  • Rémunération des libéraux basée sur le bien-être du patient (indice de vaccination, analyse, check-up)
  • Payer la participation des patients en ETP (éducation thérapeutique du patient) pour valoriser son expertise
  • Améliorer la formation des professionnels de santé aux sciences humaines et sociales (psychologie sociale, anthropologie…)
  • Augmenter le nombre de généralistes
  • Généraliser le Dossier médical partagé
  • Co-construction avec des ateliers, des récoltes de besoins, des fablabs
  • Développer des formations de santé initiales interprofessionnelles pour que médecins, infirmières, kinés, assistantes sociales, diététiciennes, orthophonistes apprennent à travailler ensemble dès le début de leurs études
  • Permettre que tous les chercheurs en pharmacie passent une journée avec un patient : « Vis ma vie »
  • Proposer systématiquement un accompagnement « social » du patient
  • Placer systématiquement les patients dans les structures de gouvernance de la santé (CA de CHU…)

Réduire les problèmes liés à la mobilité

  • Mettre en place un suivi de certains patients chroniques à distance (diabète, pacemaker, insuffisance cardiaque)
  • Former les professionnels de santé à la m-Santé
  • Favoriser la proximité virtuelle (appli télé santé)
  • Exiger que les médecins exercent quelques années dans des déserts médicaux
  • Renforcer les partenariats avec la Poste pour offrir des services aux patients
  • Favoriser les délégations de tâches
  • Définir et rembourser les actes de télémédecine
  • Développer la e-santé et favoriser sa diffusion en associant tous les professionnels médicaux-sociaux, et en l’intégrant dans leur cursus
  • Utiliser le co-voiturage
  • Identifier les innovations de demain. Par exemple : mon psychologue à la maison à travers une innovation qui analyse les émotions et interagit avec le patient

Simplifier les messages

  • Associer le patient dans l’élaboration des messages, faire valider les messages santé par des enfants
  • Éviter les supports trop longs, privilégier les photos, les films
  • Développer (davantage) les programmes d’ETP avec des patients, et associations de patients
  • Intégrer systématiquement des spécialistes du facteur humain. Ex : École Nationale Supérieur de la Cognitive
  • Faire une capsule santé comme au Canada (vidéos ou spots radio pour que les canadiens puissent montrer les trucs et astuces du quotidien http://www.capsulessante.ca )
  • Former les professionnels de santé à l’alphabétisme en santé
  • Utiliser la sensorialité : théâtre, art thérapie, film…
  • Créer un cursus santé à l’école pour développer une culture générale santé dès le plus jeune âge
  • Proposer une information ergonomique, qui puisse être perçue à tout âge (exemple : baisse de la vision à partir d’un certain âge)
  • Cibler la nature des messages en lien avec 2 ou 3 priorités nationales
  • S’adapter aux nouveaux modes de communication : web, appli, médias et réseaux sociaux, forum
  • Augmenter les heures de cours sur la psychologie des patients en médecine
  • Développer les messages santé dans les arts de la scène
  • Demander une vulgarisation systématique pour le patient des revues scientifiques
  • Développer un mensuel pour les enfants sur la santé

Favoriser la solidarité

  • Organiser des conseils de quartier sur le thème de la santé
  • Valoriser financièrement la prise en charge de la précarité
  • Développer l’associatif : associations de personnes âgées, échanges de savoirs, conférences santé
  • Favoriser la santé communautaire : participer aux actions des associations, développer des espaces verts pour favoriser les rencontres
  • Faire témoigner les patients : forums… les faire se rencontrer
  • Augmenter les participations financières pour la prévention
  • Réalisation de quartiers / de résidences intergénérationnels (comme à Pau)
  • Innovations dans la conception des espaces publics pour se rencontrer
  • Solidarité entre professionnels de santé excentrés : télémédecine, réunions, rencontres…
  • Encourager les professionnels de santé à s’engager dans le monde associatif pour lutter contre la précarité
  • Organiser des cafés-diabète, ou en lien avec d’autres maladies
  • Créer des plateformes internet par exemple pour les femmes diabétiques (entraide, solidarité…)
  • Favoriser les évènements à taille humaine

Remédier au cloisonnement du médico-social et sanitaire

  • Organiser des stages obligatoires croisés entre médicaux et sociaux
  • Rendre fongibles les modes de financements
  • Former les médecins et assistantes sociales ensemble dès le début
  • Nationaliser intégralement le système de santé (à la manière de la NHS au Royaume-Uni)