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Hauts de France

Lille

Imaginons les nouveaux modes d’exercice pour réduire les inégalités d’accès aux soins

Ce groupe de réflexion s’est tenu le 18 octobre 2016 à Lille.
7000016126 – 01/2017

Les participants

  • Gregory Aiguier, Enseignant-Chercheur, département Éthique et Philosophie, Université catholique de Lille
  • Philippe Amouyel, Professeur des universités, Praticien Hospitalier Épidémiologie, Économie de la santé et prévention, CHRU Lille
  • Aline Dupied, Présidente Association Française Diabétiques, Béthune
  • Marie-Odile Guillon, infirmière, Présidente URPS Infirmiers Hauts-de-France
  • Véronique Huber, Sanofi, responsable Environnement Accès au marché et Politique de santé
  • Jean-Paul Kornobis, Médecin Généraliste, secrétaire de l’URPS Médecins libéraux Hauts-de-France
  • Olivier Lacoste, Directeur de l’Observatoire régional de la santé Nord-Pas-de-Calais
  • Pierre-Marie Lebrun, Président Collectif Inter-associatif sur la santé Nord-Pas-de-Calais
  • Sylvie Levasseur, Directrice du Living Lab e-sante Picardie
  • Philippe Lorenzo, Directeur Instance Régionale d’Éducation et de Promotion de la Santé de Picardie (IREPS )
  • Marie-Christine Philbert, Présidente du Collectif Inter-associatif sur la Santé Picardie
  • Gregory Tempremant, Pharmacien, Président de l’URPS Pharmaciens des Hauts-de-France
  • Marie Van Der Schueren, Médecin Généraliste, Coordinatrice du Pôle prévention de Soissons et Vice-Présidente du COPEPPI
  • Rémi Wiech, Directeur Accès pour le Patient Hauts-de-France, Sanofi

 

LES PROPOSITIONS APPROFONDIES

Le groupe de réflexion a approfondi 3 idées :

-Renforcer les sciences humaines dans l’enseignement médical

Objectif : renforcer l’enseignement des sciences humaines et sociales dans les formations initiales des professionnels médicaux, paramédicaux et sociaux.

Cette initiative inciterait les professionnels de santé à mieux coopérer pour accompagner les patients dans leur globalité. Elle leur permettrait également d’acquérir de nouvelles compétences professionnelles et humaines pour faire bouger les représentations et pour favoriser le partage de connaissances au service du projet de soins.

Les associations de patients pourraient par ailleurs y intervenir pour transmettre une culture et une posture communes.

À terme, cette démarche se traduirait par moins de points de rupture et plus de fluidité dans le parcours.

Un frein à lever avant la mise en œuvre : il faudrait réussir à convaincre les acteurs de santé et les institutionnels de la nécessité de modifier les référentiels de formation.

-Restructurer les stages d’études des professionnels de santé en introduisant un module spécifique patients

Objectif : introduire l’obligation de stages pratiques interdisciplinaires intégrés dans les cursus. Ce module de formation ferait également intervenir le patient.

Vecteur d’innovation en termes d’organisation et de qualité de prise en charge, cette initiative permettrait d’améliorer la connaissance des professionnels de santé sur le vécu et les droits des patients. Les acteurs de santé pourraient également mieux comprendre le rôle complémentaire et les attentes spécifiques de chacun.

À terme, elle permettrait de limiter les effets de corporatisme tout en améliorant l’efficience du système de santé.

Attention néanmoins à ce que ces formations restent très pratiques et concrètes pour que les étudiants n’aient pas l’impression de perdre leur temps.

-Penser l’aménagement et l’attractivité du territoire pour faciliter l’accès à l’innovation en santé

Objectif : réunir politiques, professionnels de santé et citoyens autour d’un projet d’aménagement du territoire pour faciliter les voies d’accès à l’innovation et renforcer l’attractivité de celui-ci.

Cet aménagement mobiliserait une pluralité d’acteurs locaux tels que les écoles, les lieux culturels (cinémas, par exemple), les fournisseurs d’accès au haut débit, les transports, etc. Il s’agit de donner envie aux professionnels de santé de venir exercer dans des territoires délaissés, réduisant ainsi les inégalités d’accès aux soins.

 

D’AUTRES PROPOSITIONS

Le groupe de réflexion a également retenu d’autres propositions non développées.

  • Développement de la e-santé : favoriser l’accès à une expertise rapide, à condition qu’elle soit accessible à tous (internet).
  • Développement des programmes d’éducation thérapeutique : permet de mettre le patient au cœur du projet de soin, impliquer le patient pour qu’il devienne acteur.
  • Objectifs communs de santé publique partagés entre professionnels et patients experts
  • Rémunération sur objectifs partagés

 

POUR ALLER PLUS LOIN

Lors du groupe de réflexion, les participants ont également formulé d’autres pistes de travail possibles.

Favoriser le décloisonnement

  • Créer des incitations financières au décloisonnement
  • Conditionner l’exercice à une formation continue régulière
  • Payer la coordination pour la formaliser
  • Diffuser les comptes-rendus médicaux aux patients et professionnels de santé
  • Organiser des groupes de réflexion régionaux interdisciplinaires, institutions, patients
  • Organiser des actions interprofessionnelles type URPS (Union régionale des professionnels de santé)
  • Fixer des objectifs communs à plusieurs acteurs
  • RDPS (Recherche & Développement Promotion Santé) multi-acteurs
  • Lutter contre l’hospitalo-centrisme du PAERPA
  • Motiver et favoriser l’entretien motivationnel
  • Élargir les GHT aux hôpitaux privés et à la ville
  • Avoir un espace identifié sur un secteur pour des réunions de formation, d’information
  • Établir un document de liaison unique
  • Demander à un professionnel de santé de remplacer un autre de temps en temps (médecin devient infirmière et vice versa) (« Vis ma vie »)
  • Intégrer les citoyens dans la définition des GHT
  • Associer des professionnels libéraux à la mise en œuvre des GHT
  • Désigner un coordinateur unique référent du patient, responsable de la coordination du parcours et du partage d’informations
  • Organiser des plateformes d’appui aux professionnels pour les aider à travailler ensemble
  • Faciliter l’accès au haut débit sur tout le territoire
  • Développer des temps d’échange interdisciplinaire tout au long du parcours de soins

Intégrer le patient dans le système de santé, le rendre acteur

  • S’assurer de la représentativité des patients dans chaque instance
  • Parler santé dès l’école
  • Encourager l’éducation thérapeutique intégrée dans le parcours
  • Mettre en place un dispositif d’annonce et d’accompagnement vers le patient (et l’aidant s’il y a) et faire durer l’accompagnement au-delà de l’annonce
  • Créer des « patients navigator » pour accompagner le patient dans le système
  • Aller le chercher en dehors du cabinet en lui offrant l’accès à des espaces décentralisés
  • Le rendre plus acteur des innovations et pas que dans une finalité de validation (pourquoi pas living-labs)
  • Passer d’une logique de représentation à une logique de participation – le patient devient co-décideur
  • Intégrer les associations de patients experts dans l’éducation thérapeutique
  • Évaluer les professionnels de santé dans leurs capacités à expliquer à leurs patients
  • Passer des contrats avec les patients
  • Informer les patients de l’impact d’une non-adhésion à son traitement : pour sa santé et pour la société (coût)
  • Aider citoyens et patients à chercher des informations sur Internet et les réseaux sociaux
  • Développer des programmes d’éducation du soignant
  • Responsabiliser le patient par des outils connectés, et l’auto-mesure
  • Créer des maisons des usagers
  • Faire payer les patients en cas de non-observance ou comportements inappropriés (ex : grossesse et tabac)
  • Faire signer une charte au patient qui l’engage vis-à-vis de son traitement

Libérer et valoriser le temps

  • Délégation de tâches et protocoles collaboratifs
  • Développer la coopération inter-professionnelle
  • Développement territorial : équipe pluri-professionnelle mobilisable
  • Repenser le soin : voir les patients avant qu’ils ne soient malades, prévention
  • Passer plus de temps même si cela semble contradictoire avec rareté des professionnels de santé
  • Proposer une rémunération adaptée
  • Alléger et mutualiser les tâches administratives
  • Délester les médecins de certaines tâches vers d’autres professionnels de santé
  • Imposer un ratio médecin / population comme pour les pharmacies
  • Un nouvel acteur qui prépare une synthèse médicale avant la consultation chez le médecin (nouveau métier)
  • Augmenter les numérus clausus pour éviter la rareté des professionnels de santé formés
  • Développer un algorithme de diagnostic et utiliser les consultations via internet
  • Former les gens à l’autodiagnostic
  • Avoir son avatar sur internet doté de l’intelligence artificielle qui répondra aux premières questions pour gagner du temps
  • Possibilité de communiquer en ligne entre patients et professionnels de santé sans rendez-vous formalisé
  • Continuer à développer des lieux d’écoute dans les pharmacies

Favoriser la proximité et bannir la désertification

  • Créer un cabinet virtuel accessible 24h/24 fondé sur l’intelligence artificielle
  • Développer la e-santé, la télémédecine et la téléconsultation
  • Établir une répartition démo-géographique pour les médecins
  • Développer et rémunérer les actes de télémédecine
  • Fournir un accès internet haut débit à tous les citoyens du territoire
  • Impliquer plus les collectivités territoriales dans la réflexion pour garder la proximité territoriale
  • Reculer l’âge de la retraite des soignants
  • Valoriser les praticiens installés dans les zones blanches
  • Rémunérer les consultations internet sur un forfait global fondé sur le nombre de patients inscrits
  • Annuler la liberté d’installation des médecins et les obliger à s’installer là où il y a des besoins
  • Délocaliser les consultations de spécialistes
  • Favoriser l’installation des professionnels dans les communes accessibles non encore désertées
  • Reconnaître le travail des acteurs du médico-social et favoriser échanges avec acteurs du sanitaire
  • Utiliser les ressources frontalières (par exemple : la Belgique)

Prendre en compte le patient dans sa globalité

  • Intégrer la santé dès l’école primaire
  • Proposer / développer les programmes d’éducation thérapeutique
  • Renforcer lien entre le sanitaire et le médico-social si nécessaire par des procédures simples
  • Intégrer médecine du travail et scolaire dans le parcours de soins
  • Écouter les aidants par des rencontres à domicile
  • Pour certains patients, réunions interprofessionnelles pour prendre en compte toutes les dimensions du patient
  • Recenser les expériences réussies et les diffuser