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Grand Est

Nancy

Imaginons l’innovation dont nous avons besoin pour améliorer le parcours de santé

Ce groupe de réflexion s’est tenu à Nancy le 26 octobre 2016.
7000016125 – 01/2017

Les participants

  • Hubert Attenont, CRSA Grand Est
  • Emmanuel Belot, AFD Association des diabétiques de Lorraine
  • Serge Briançon, professeur émérite de santé publique
  • Pascal Charles, URPS Médecins Grand Est
  • Aude Curto, Union Territoriale Mutualiste Lorraine
  • Jean-Louis Deutscher, MSA Grand Est
  • Rozenn de Lavenne, Rectorat de Nancy-Metz
  • Laurence Eckmann, ARS Grand Est
  • Valérie Estève, Réseau territorial ADOR
  • Marie-France Gérard, Fédération des Maisons et Pôles de santé pluriprofessionnels de Lorraine
  • Julien Gravoulet, URPS Pharmaciens Grand Est
  • Valérie Jurin, FHF Grand Est
  • Joëlle Kivits, équipe accueil APEMAC
  • Daniel Lorthiois, Régime local Alsace Moselle
  • Philippe Maugendre, Direction des Affaires Gouvernementales, Sanofi Groupe
  • Jean Perrin, CISS Lorraine
  • Frédérique Prestat, Directeur Accès pour le Patient Grand Est, Sanofi
  • Pascal Ronzière, Directeur Opérations Sanofi en région Est, Sanofi France

 

LES PROPOSITIONS APPROFONDIES

Le groupe de réflexion a approfondi 5 idées :

-Créer une nouvelle fonction pour fluidifier le parcours de soins : coordinateur territorial

Objectif : permettre de gagner en efficacité dans la prise en charge des patients en créant du lien entre les secteurs sanitaire, médico-social et social et en permettant au soignant de gagner du temps.

Il s’agirait de faciliter le travail de tous les professionnels de santé locaux impliqués dans la prise en charge et permettre de centrer chacun sur son cœur de métier, évitant ainsi l’épuisement des équipes.

Déjà en test sur le terrain avec des retours positifs, cette approche mériterait d’être expérimentée à une plus grande échelle. Pour ce faire, deux points préalables devraient être résolus : concevoir une maquette de formation validée et mettre en place des évaluations multidimensionnelles mesurant l’apport de ce nouveau métier de santé (médico-économique- satisfaction des patients, épanouissement des professionnels) afin d’assurer la pérennité de son financement.

-Former les professionnels de santé à l’écoute et à l’empathie

Objectif : aider les professionnels de santé à mieux appréhender le patient dans sa globalité (vie sociale, professionnelle, familiale…) et pas seulement en fonction de sa pathologie.

Il s’agirait d’introduire dans la formation initiale des professionnels de santé l’acquisition de compétences d’écoute et d’empathie. Ces formations interprofessionnelles reposeraient directement ou indirectement sur des associations de patients et utiliseraient des pratiques de formation innovantes misant sur la force de la mise en situation tels que les jeux de rôle ou les serious games.

Cette innovation porterait donc à la fois dans les méthodes pédagogiques et dans les modalités de prise en charge du patient qui se trouve au cœur du dispositif.

Condition nécessaire ? Bénéficier du soutien des ministères de la Santé et de l’Éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche.

-Organiser des ateliers territoriaux d’analyse des pratiques interprofessionnelles

Objectif : améliorer les pratiques, la prise en charge des patients et l’accompagnement global grâce à la mutualisation des expériences professionnelles.

À partir de cas réels, il s’agirait d’analyser les pratiques en interprofessionnalité pour favoriser la connaissance mutuelle et le respect de l’autre tout en partageant les zones d’inconforts et les difficultés ressenties dans la vie des professionnels de santé.

Ces ateliers seraient organisés sur un territoire de santé précis pour resserrer le « réseau social » et s’ancreront dans la durée en travaillant systématiquement sur la « suite à donner » et les réajustements nécessaires pour répondre à la problématique soulevée.

-Permettre au patient de participer et d’évaluer le déroulement de son parcours de santé

Objectif : obtenir la vision du patient sur le déroulé de son parcours de santé via une évaluation adaptée.

Pour cela, différents outils d’évaluation pourraient être mis en place : questionnaires, grilles d’évaluation, sondages, etc. Leur finalité n’est pas d’évaluer les praticiens, mais d’appréhender la fluidité du parcours dans sa globalité et sa complexité.

Les résultats de ces évaluations pourraient être transmis aux associations de patients qui siègent dans les instances de régulation hospitalière ou de territoire, afin d’alimenter les débats et les futures décisions concernant les parcours de soins.

Condition nécessaire : réduire le temps et les moyens humains dédiés à l’analyse de l’évaluation en créant une plateforme digitale d’évaluation automatisée.

-Introduire la connaissance du monde médico-social dès la formation initiale des professionnels de santé

Objectif : mieux prendre en compte la santé de manière globale, casser l’individualisme et reconnaître l’expertise de chacun.

Il s’agirait d’introduire, en fin de cursus, lorsque les étudiants ont déjà été en contact avec des patients, une formation originale qui leur permette :

  • de mieux appréhender les différentes dimensions du parcours de vie des patients et les champs d’intervention des autres professionnels ;
  • de mieux connaître les ressources locales sur lesquelles ils pourront s’appuyer et d’augmenter leur efficacité en leur donnant la possibilité de suivre le patient, y compris dans le monde social et médico-social.

 

POUR ALLER PLUS LOIN

Lors du groupe de réflexion, les participants ont également formulé d’autres pistes de travail possibles.

Fluidifier l’accès au parcours de santé

  • Créer une plateforme collaborative accessible à tous
  • Transformer le parcours en une trajectoire avec un outil informatique d’orientation
  • Mieux travailler ensemble via les nouvelles technologies afin de partager l’information
  • Créer un guichet unique et un numéro unique
  • Permettre de connaître l’offre de soins à proximité avec des infos concrètes : horaires, délais de rendez-vous, accessibilité, etc.
  • Disposer d’un dossier médical personnalisé possédé par le patient
  • Créer des plateformes ressources
  • Généraliser le tiers payant
  • Créer une application digitale permettant aux patients de s’orienter et de construire leur parcours
  • Confier aux associations de patients une mission d’accompagnement des malades dans la construction de leurs parcours
  • Pour les étudiants en médecine, intégrer dans les stages un passage obligatoire chez une infirmière, pharmacien, médico-social
  • Simplifier les procédures en n’attendant pas les financements avant de délivrer le soin ou l’accès à un service, à une aide
  • Simplifier les procédures PAPH (personnes âgées et personnes handicapées) : une procédure unique délivrée selon les besoins (l’objectif redevient prioritaire par rapport au moyen)
  • Permettre la télémédecine avec des règles régionales et non pas nationales
  • Développer des financements solidaires pour les restes à charge
  • Créer les pages jaunes des circuits de prise en charge par pathologie et secteur
  • Éviter de réorienter sans cesse l’usager
  • Développer la communication en santé
  • Favoriser un exercice pluri professionnel
  • Opérationnaliser le territoire le parcours éducatif de santé (qu’il soit autre chose qu’un texte réglementaire)
  • Créer de nouvelles approches de rémunération avec un bonus annuel si le professionnel de santé participe à un réseau de coordinateurs
  • Laisser le patient choisir son itinéraire, ce sera plus facile pour lui de s’impliquer dans son parcours
  • Prendre en compte le patient avec son environnement social, professionnel et familial
  • S’appuyer sur les acteurs de proximité
  • Rémunérer l’observance
  • Ne pas attendre que la personne soit malade pour la faire entrer dans un parcours

Remettre le patient au cœur du parcours

  • Impliquer systématiquement un patient dès le démarrage d’une réflexion de parcours
  • Promouvoir l’empowerment du patient : « rien ne se décide sans moi »
  • Commencer à l’informer tôt et à répéter les messages d’éducation
  • Coordonner le patient dans un environnement et lui proposer un parcours adapté
  • Associer le patient aux décisions
  • Arrêter de parler de cas, de malades ou patients, mais de personnes atteintes de X ou Y maladie
  • Former d’avantage les professionnels de santé à l’écoute du besoin des patients et pas uniquement à leurs expertises
  • Libérer du temps médical par une simplification administrative
  • Associer systématiquement les associations de patients à la définition des parcours de soins de santé de chaque pathologie
  • Éducation du patient qui ne doit pas attendre d’être malade pour être sensibilisé
  • Éduquer, informer le patient en lui disant que la santé a un coût
  • Éduquer et informer les professionnels de santé que malgré un bon système, il existe de vrais « restes à charge » pénalisants
  • Développer la prise en charge communautaire par pathologie
  • Réaliser un diagnostic parcours : besoins / attentes / objectifs
  • Évaluer et réévaluer les besoins patients en termes d’accompagnement médical et social
  • Permettre aux représentants des usagers de faire respecter le droit des usagers
  • Partage des expériences et sans oublier l’aide, le juridique, les droits et la défense
  • Libérer le patient des démarches, l’écouter, lui répondre et prévoir des plateformes techniques de relai pour les démarches
  • Associer le patient à la prise de décision, c’est prendre le temps de l’informer et lui donner les bonnes informations
  • Permettre l’éducation thérapeutique du patient dans le cabinet médical
  • Remettre au patient une feuille de route avec le nom et coordonnées des professionnels qui vont le suivre ou qui peuvent l’aider
  • Permettre au patient d’évaluer le professionnel de santé : examen annuel avec notes affichées dans cabinet, pharmacie, etc.
  • Ne pas noyer le patient mais personnaliser l’accès à l’info en local
  • Ne pas prendre les questions de la vie quotidienne à la légère (effets secondaires, problèmes de transport, d’argent, etc.)
  • Donner au patient le droit de participer aux décisions ou de ne pas y participer
  • Favoriser l’accès du soin à domicile y compris de façon dématérialisée
  • Financement forfaitaire versus financement à l’acte
  • Proposer des parcours personnalisés
  • Rémunérer le temps consacré par les professionnels de santé à l’écoute et à l’accompagnement des patients dans leur parcours (ex : pour les pharmaciens)
  • La santé dépend de nombreux déterminants : économiques, éducatifs, sociaux, culturels, environnementaux.
  • Elaborer avec le patient un projet de soin avec engagement de toutes les parties, soignants, patients et financeurs
  • C’est au soigné de définir ses besoins
  • Créer un SOS patient comme SOS amitié 24h/24
  • Développer le rôle des secrétaires médicales ou des pôles de santé vers la communication de santé
  • Définir les besoins d’une personne pour maintenir ou restaurer sa santé est une compétence à développer
  • Introduire une unité d’enseignement initial commune à tous les professionnels de santé centrée sur ces questions et associant des patients

Casser les corporatismes

  • Travailler en équipe en expliquant la plus-value que cela représente pour le professionnel
  • Favoriser la démocratie sanitaire
  • Il faut que lors de la formation, chaque professionnel de santé enfile la blouse d’un autre professionnel de santé et pourquoi pas celle d’un patient
  • Respecter le libre choix du patient
  • Valoriser les partenariats, coopérations ou regroupements types SPASAD (services polyvalents de soins et d’aide à domicile) lorsque faits au profits des patients (convention d’engagement)
  • Un temps de formation initiale commun à tous les soignants
  • Développer le travail en équipes pluriprofessionnelles
  • Organisation des journées d’immersion croisées entre professionnels de santé, responsables d’ARS et responsables d’associations de patients, pour que chacun comprenne mieux les attentes et les problématiques de l’autre
  • Partager l’information entre les professionnels
  • Elaborer des projets communs où chacun s’y retrouve
  • S’appuyer sur partenariats locaux
  • Prévoir dans les cursus de formations professionnelles des travaux à valider en pluriprofessionnel
  • Cursus des étudiants en ambulatoire à revoir (« étudiants en médecine »)
  • Que la rémunération des professionnels de santé soit similaire, en fonction de l’efficience et non du volume
  • Supprimer le paiement à l’acte y compris à l’hôpital, la T2A est une rémunération à l’acte (séjour payé par tarif)
  • Financement des expérimentations de mutualisation au service du patient : aide au montage du projet, suivi, évaluation etc… Inspirer le législateur
  • Difficulté à changer les idées ancrées des anciens professionnels de santé, faire confiance aux étudiants, organiser plus de soirées inter-facultés
  • Pas de consultation ou d’acte technique sans compte rendu immédiat transcrit dans le DMP
  • Egalité des rémunérations, chaque fonction étant nécessaire et aussi importante les unes que les autres
  • Prioriser les financements publics sur des projets collaboratifs impliquant l’ensemble des acteurs de santé et favorisant ainsi le décloisonnement
  • Mettre un pharmacien président de l’URPS médecin ou un médecin président de l’URPS pharmacien
  • Inclure les pratiques interprofessionnelles dans les rémunérations sur objectifs de santé publique (ROSP) des médecins généralistes