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Bretagne

Rennes

Imaginons de nouvelles organisations pour diffuser davantage les pratiques innovantes

La session bretonne qui s’est tenue le 29 septembre 2016 a donné le coup d’envoi du tour de France des groupes de réflexion régionaux.
7000016123 – 01/2017

Les participants

  • Olivia Briantais, URPS Médecins libéraux
  • Carole Brision, Hôpital de Quimperlé représentant la FHF Bretagne
  • Sophie Cha, DR JSCS
  • Sophie Deniel, BookBeo
  • Jean-François Dietrich, Association des Paralysés de France représentant la FEHAP
  • Bernard Gaillard, CRSA
  • Yann Gicquel, MSA
  • Jean-Jacques Grascoeur, AFD 22 et AFD Bretagne
  • Jacques Huguen, Appui Santé Nord Finistère
  • Thierry Labarthe, GecoLib
  • Marcelle Le Bihan, CHP St-Grégoire représentant la FHP Bretagne
  • Sybille Le Bourjois, URPS Pharmaciens
  • Anne-Claude Lefebvre, ID 2Santé
  • Catherine Leyrissoux, URPS Pharmaciens Bretagne
  • Luc Miossec, URPS IDEL
  • Francine Pitois-de La Gatinais, Directeur Accès pour le Patient, Sanofi
  • Jeanine Pommier, médecin de santé publique, EHESP
  • Christelle Routelous, sociologue de la santé, enseignant-chercheur à l’EHESP
  • Hubert Stéphan, CISS Bretagne
  • Joëlle van Der Straeten, Maison de la Nutrition, du Diabète et du Risque Vasculaire
  • Christian Vanoukia, Sanofi

 

LES PROPOSITIONS APPROFONDIES

Le groupe de réflexion a approfondi 4 idées :

-Reconnaître et valoriser financièrement le temps consacré à la coordination entre les acteurs de santé

Objectif : reconnaître et valoriser concrètement – c’est-à-dire en temps et financièrement – le temps de travail nécessaire à la coordination ou à la recherche de partenariats.

Cette activité de coordination passe souvent après toutes les autres activités des professionnels de santé, alors que cette mission requiert beaucoup de temps (en préparation, en réunions, en suivi…).

Pour les professionnels de santé, cette solution leur permettrait réellement d’améliorer la transversalité de leurs pratiques, de partager un langage commun et de mieux structurer les actions de tous. La prise en charge globale du patient pourrait ainsi gagner en cohérence.

Point de vigilance : attention à ne pas créer un syndrome de « réunionite » ! Pour cela, il serait préférable de créer un seul guichet unique – pourquoi pas une association de professionnels qui aurait comme moyen d’action un portail collaboratif validé par tous les acteurs.

-Favoriser l’émergence d’un nouvel acteur : le coordinateur santé

Objectif : créer une nouvelle fonction entièrement dédiée à la création de lien entre le patient, son entourage et les différents professionnels de santé en proximité.

La coordination exige en effet de la disponibilité et un vrai savoir-faire. En un mot, c’est un vrai métier. Dès lors, pourquoi ne pas le reconnaître en tant que tel et favoriser l’émergence de cette une nouvelle fonction ?

Sa mission principale serait de décloisonner les différentes sphères en favorisant la bonne diffusion de l’information à tous et l’accompagnement adapté à chaque situation.

L’essor de ce nouvel interlocuteur privilégié serait, pour le patient et son entourage, un gage de sérénité, d’efficacité et de cohérence dans la prise en charge.

Point de vigilance : veiller à ne pas compliquer les référentiels d’échange en intégrant un nouvel interlocuteur dans le parcours de soins, privilégier un professionnel de santé de premier recours sur la base du volontariat (médecin, infirmier, pharmacien, kinésithérapeute…).

 -Créer une plateforme digitale de coordination

Objectif : disposer d’un outil unique pour augmenter l’efficience, fluidifier le parcours de soins et assurer un suivi plus global du patient.

Il s’agirait de proposer une plateforme digitale de coordination de tous les acteurs de santé pour mieux répondre aux demandes des patients et fluidifier les échanges entre professionnels de santé et patients. Elle permettrait d’orchestrer le travail d’équipe des professionnels de santé, simplifierait les échanges ville/hôpital et favoriserait le partage de bonnes pratiques autour d’un objectif commun : la santé du patient. Elle pourrait même y inclure la contribution de patients experts.

Elle représenterait également une source d’économie importante en évitant les ruptures dans le parcours de soins et les hospitalisations – notamment pour les urgences.

Point de vigilance : la conception et le lancement d’un tel outil devront s’appuyer sur la co-construction avec ses futurs usagers pour favoriser l’adhésion dès le départ des professionnels de santé.

La finalité serait : le gain de temps, en étant immédiatement pratique et utile.

-Revoir le processus de formation des professionnels de santé

Objectif : proposer une formation médicale interprofessionnelle sur la base d’un référentiel commun mêlant non seulement enseignements médicaux et paramédicaux mais également sciences humaines.

Pour créer un changement de mentalité, autant commencer en effet à la racine, c’est-à-dire dès le cursus universitaire. Ainsi, cette formation pourrait être créée dès le cursus universitaire et se poursuivre ensuite en continu tout au long de la carrière professionnelle. Cela permettrait de mieux partager une culture commune entre acteurs de santé, faciliterait une communication fluide et installerait sur la durée des relations de confiance. Des éléments clés pour une meilleure coordination et une meilleure prise en charge du patient.

 

D’AUTRES PROPOSITIONS

Le groupe de réflexion a également retenu d’autres propositions non développées.

  • Valoriser et reconnaître concrètement la fonction d’aidant, pilier de la prise en charge à domicile et soutien nécessaire pour éviter la fragilisation des patients.
  • Instaurer une formation en communication pour les acteurs de santé afin de les aider à créer une nouvelle relation avec le patient et pour leur permettre de développer de nouvelles pratiques intra-professionnelles.
  • Diffuser l’éducation et la prévention santé dans les établissements scolaires pour améliorer la prévention de façon radicale.
  • Créer une « Bibliothèque santé patient » : dossier médical pertinent et sécurisé.

 

POUR ALLER PLUS LOIN

Lors du groupe de réflexion, les participants ont également formulé d’autres pistes de travail possibles.

Favoriser les échanges entre acteurs de santé, ouvrir, décloisonner

  • Créer des liens avec des associations libérales de proximité
  • Développer les Plans personnalisés de santé du patient
  • Valoriser les équipes pluri-professionnelles
  • Créer des passerelles entre les formations des personnels médicaux et paramédicaux
  • Revoir les méthodes de formation pour mieux communiquer (coaching, participation collective)
  • Déployer dans toutes les villes des espaces de rencontres santé…

Mieux écouter et dialoguer avec les patients

  • Créer des outils d’échange entre patients et professionnels de santé (application, réseau social)
  • Faire valider les solutions santé par des patients experts
  • Faire davantage intervenir les patients dans le cursus universitaire des professionnels de santé
  • Prendre en compte l’environnement culturel et social des patients via des questionnaires
  • Valoriser le temps dédié à la prévention et l’éducation thérapeutique
  • Faire de l’éducation thérapeutique en milieu libéral rémunérée
  • Traduire les comptes-rendus médicaux ou les notices de médicaments en langage familier et clairement compréhensible par tous (avec pictogrammes par exemple)…

Diffuser la pédagogie à la santé

  • Réaliser un jeu vidéo ou un jeu de rôle pour sensibiliser les jeunes à la santé
  • Réguler les communications sur les réseaux sociaux pour éviter la circulation d’inepties
  • Créer et reconnaître financièrement une visite annuelle de bilan en médecine générale…

Simplifier et fluidifier la coordination

  • Créer le métier d’infirmière clinicienne (comme au Royaume-Uni)
  • Développer les Communautés Professionnelles Territoires Santé (CPTS) en association avec des moyens pour une meilleure coordination
  • Régionaliser la prise de décision pour réduire le temps d’évaluation et de mise en œuvre
  • Supprimer les strates administratives…

Valoriser l’innovation

  • Créer une structure régionale d’évaluation de l’innovation
  • Organiser un salon français de l’innovation en santé
  • Intégrer la communication sur les solutions innovantes dans les missions de délégués de l’assurance maladie…

Tirer le meilleur parti des innovations technologiques

  • Développer des relations avec des industriels
  • Faire confiance aux PME innovantes
  • Encourager les expérimentations terrain
  • Amener les soignants dans les entreprises (pépinières et hôtels d’entreprises)
  • Généraliser le DMP
  • Diffuser le pilulier électronique
  • Créer des living labs santé par pathologie
  • Diffuser le haut débit sur tout le territoire
  • Développer des méthodologies d’évaluation de de e-santé…